« Pourquoi travaillons-nous ? », la question de l'auteur Samuel Durand

Une nouvelle manière de se pencher sur l’entreprise et sur le travail en général. Pour tenter, finalement, de répondre à cette question que l’on nous a posée mille fois dans l’enfance : tu feras quoi, plus tard ? « Et pour quelle raison ? » serions-nous tentés d’ajouter, au fur et à mesure des années qui passent.

Publié et mis à jour le 28 avril 20223 min de lecture
« Pourquoi travaillons-nous ? », la question de l'auteur Samuel Durand

Samuel Durand, auteur et consultant sur le futur du travail

La semaine prochaine (5 mai), Samuel Durand publie chez Eyrolles avec la dessinatrice Sophie Streich une version BD de son deuxième documentaire, intitulé Why Do We Even Work ?

[caption id="attachment_106945" align="alignleft" width="300"]

Samuel Durand, auteur et consultant sur le futur du travail[/caption]

Une nouvelle manière de se pencher sur l’entreprise et sur le travail en général. Pour tenter, finalement, de répondre à cette question que l’on nous a posée mille fois dans l’enfance : tu feras quoi, plus tard ? « Et pour quelle raison ? » serions-nous tentés d’ajouter, au fur et à mesure des années qui passent.

Le pari de Samuel - qui n’a jamais été salarié - c’est d’aborder le monde de l’entreprise de manière positive. A 25 ans, se montrer enthousiaste sans être taxé de candeur tient de l’exercice d’équilibriste. Après un premier voyage en 2019 qui l’avait amené à pousser les portes de 100 entreprises, autour du phénomène du freelancing, Samuel explore désormais le sujet du Sens du travail. Pourquoi les salariés aiment-ils leur job ? En échange de quoi sommes-nous prêts à échanger notre ressource la plus précieuse, notre temps ? Chez Saint-Gobain, Ben & Jerry’s, Mindera ou OpenClassrooms… Samuel pose la question du sens et interroge le futur du travail.

« Work in Progress : Why do we even work ? », sortie le 19 mars 2022. Durée : 46 minutes. Ecrit et produit par Samuel Durand, réalisé par Florent Vinouze et Guillaume Mougin (de l'agence vidéo KÖM). Disponible sur les plateformes Spicee, Curiosity Stream et Vimeo.

Trois questions à l’auteur :

Quelle définition personnelle du sens du travail vous êtes-vous forgée au fil de vos rencontres ?

Chaque personne trouve un sens différent dans son job ! Mais cela peut se résumer à quelque chose d’assez simple : suis-je heureux de me lever le matin ? La langue anglaise fait la distinction entre le « meaning » (pour soi) et l’impact (sur le monde).

Personnellement, j’ai deux leviers : les gens avec qui je travaille d’abord. Et ensuite, la dimension d’apprentissage, liée à ma position d’outsider. Je sors d’une école de commerce, je n’étais pas destiné à l’audiovisuel.

Mais ces deux leviers sont amenés à évoluer et heureusement ! Mon documentaire tente ainsi de montrer qu’il y a plusieurs façons de trouver du sens dans son job. Le rôle de l’entreprise est de créer les conditions pour que chacun puisse d’y réaliser. Cela passe beaucoup par le management.

Vous avez échangé avec de nombreux professionnels. Qui vous a particulièrement marqué ?

J’ai envie de citer Peter Steltzner, qui fabrique des skis à Chamonix. C’est un artisan, qui a toujours été indépendant, qui a fait peu d’études et qui produit quelque chose d’unique. Quand je l’écoutais, je me rendais compte d’un effet miroir assez dingue sur l’entreprise. Il résume, sans même s’en rendre compte, tout ce qui manque à l’entreprise. Etre focalisé sur le résultat. Connaître ses clients. Penser à l’utilisateur final. Mesurer l’impact concret de ce qu’on fait, sur l’environnement. C’était une journée de tournage bluffante de justesse.

A quoi ressemble, selon vous, le Futur du Travail ?

Pour l’anticiper, nous avons besoin d’un seul réflexe : élargir notre horizon. Il ne faut pas s’en tenir à son propre prisme. Si vous réfléchissez seul, vous allez vous planter. En fonction de ce que vous faites, vous allez croire que tout le monde veut être « Digital Nomad », ou « freelance ». Que tous les jobs vont être automatisés. Croiser les sources, comme les journalistes, permet de capter des signaux faibles - et fiables !

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement