Un comité d’éthique externe de l’IA pour prévenir les risques

Face aux risques pour les individus, mais aussi pour l’entreprise, des organisations installent des comités d’éthique de l’IA. La création d’un tel comité, notamment externe, suit cependant des règles.

Publié et mis à jour le 29 juillet 20203 min de lecture
Un comité d’éthique externe de l’IA pour prévenir les risques

Un-comité-d’éthique-externe-de-l’IA-pour-prévenir-les-risques

Face aux risques pour les individus, mais aussi pour l’entreprise, des organisations installent des comités d’éthique de l’IA. La création d’un tel comité, notamment externe, suit cependant des règles.

Les récents débats autour de la reconnaissance faciale soulignent les risques inhérents à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ce domaine n’est toutefois pas le seul à présenter des dangers et à illustrer la nécessité d’une approche fondée sur l’éthique.

Pour Ben Hertzberg de Gartner, toute « organisation qui développe ou utilise des solutions d’IA doit être proactive et s’assurer que les dangers de l’IA ne mettent pas en péril sa marque, n’entraînent pas de mesures réglementaires, ne conduisent pas à des boycotts ou ne détruisent pas la valeur de l’entreprise.»

Un comité pour prévenir les risques, pas seulement les atténuer

En matière d’éthique de l’IA, plusieurs solutions existent. En France, CNP Assurances a par exemple créé une fonction dédiée de responsable de l’éthique. L’assureur se dote par ailleurs d’un comité pluridisciplinaire destiné à veiller à l’usage responsable des outils d’IA.

La création de ce type de comité peut en effet contribuer à prévenir les dangers découlant de l’utilisation de l’IA. Gartner rappelle par ailleurs que cet organe peut même être installé hors de l’entreprise.

Ben Hertzberg insiste cependant sur le fait que le but d’un tel comité consiste bien à « prévenir et pas seulement atténuer les dangers de l’IA ». Cela suppose donc pour l’organisation d’informer véritablement ses représentants, sauf à créer un simple artifice et outil de communication.

« Un comité non informé, non conscient, n’est pas un comité utile. Assurez-vous que les membres de votre comité disposent de tous les détails nécessaires» prévient ainsi l’analyste. C’est l’approche suivie par Axon, qui propose des technologies à destination de la police.

Pour le fournisseur, le comité d’éthique externe est le gage d’une plus grande transparence, de responsabilité et d’une représentation dans le processus de développement de l’IA. En termes de représentation au sein du comité, Gartner insiste notamment sur un point :

Un comité d’éthique indépendant et qualifié sur l’IA

« Veillez à sur-indexer les voix qui comprennent vos consommateurs critiques et qui peuvent donner un aperçu de l’impact potentiel de vos technologies d’IA. Cela permet de filtrer les mauvaises propositions de produits d’IA avant qu’elles ne soient mises sur le marché.»

Un tel mode de gouvernance impose à l’entreprise de faire preuve d’une transparence totale à l’égard du comité d’éthique. Cette transparence s’applique à chaque projet d’IA, mais aussi à la feuille de route globale.

L’indépendance effective du comité est une évidence. Elle n’est cependant pas toujours simple à atteindre. Gartner préconise par exemple d’impliquer le comité dans la sélection des futures membres. Seront en revanche exclus les salariés de l’entreprise.

La compétence du comité est une autre évidence. « Les membres possibles comprennent non seulement des experts en IA et en machine learning, mais aussi des régulateurs, des universitaires et des praticiens de votre secteur d’activité » recommande encore le consultant.

Enfin, le cabinet préconise de fournir aux équipes internes en charge du développement de l’IA « un accès illimité au comité d’éthique, à un médiateur interne et au médiateur du comité d’éthique. » Pour Ben Hertzberg, cela garantit la confiance entre les parties.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement