Xavier Niel relance 42 à Paris, sans céder au mirage IA

Dix ans après sa création, l’école 42, fondée par Xavier Niel, a inauguré ce jeudi son campus rénové de 9 000 m² dans le 17e arrondissement de Paris. Un retour aux sources pour une école confrontée à une IA qui rebat les cartes du code.

Publié et mis à jour le 20 juin 20251 min de lecture
Xavier Niel relance 42 à Paris, sans céder au mirage IA

Le code change, mais 42 reste droit dans ses lignes. Ce jeudi, l’école 42 rouvre les portes de son bâtiment historique entièrement réhabilité, dans le nord-ouest parisien. Neuf mille mètres carrés pour incarner un virage sans rupture : dix ans après sa création, l’établissement voulu par Xavier Niel continue de défendre une pédagogie autonome, exigeante et résolument non conventionnelle. Une manière de répondre à l’irruption de l’intelligence artificielle sans basculer dans l’opportunisme. À l’image de ses locaux, l’école revendique une modernisation en continuité. Derrière les cloisons refaites du NOC 42, les principes restent les mêmes : pair-à-pair, évaluation entre étudiants, absence de cours magistraux. Ici, on entre sans CV, sans diplômes, mais pas sans résistance à l’effort. Et l’IA ne change pas cette matrice, non, elle en souligne plutôt la pertinence, selon la direction.

L’IA ne remplace pas l’abstraction

Alors que les agents conversationnels automatisent déjà les tâches les plus basiques du développement, 42 ne modifie pas son socle : les étudiants plongent toujours dans le langage C dès leur entrée, via la célèbre “piscine” de 26 jours. L’enjeu : leur apprendre à raisonner, pas à répliquer. Car, selon Sophie Vigier, directrice générale, “c’est ce qui n’est pas automatisable qui devient différenciant”. Si 42 propose désormais des parcours en IA, cybersécurité ou cloud, elle ne cède pas à la mode des formations prompt-centric. L’idée n’est pas de former des consommateurs d’outils, mais des profils capables de les concevoir et de les maîtriser. Ici, l’IA s’étudie depuis sa racine algorithmique. Pas depuis l’interface. À l’heure où le code s’écrit à coups de modèles génératifs, 42 fait le pari inverse : miser sur des cerveaux qui savent encore penser sans assistance.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement