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Paris et Berlin veulent donner le ton de la souveraineté numérique européenne
À la Summer Party de Numeum, le 16 juin, Anne Le Hénanff a dévoilé l'offensive franco-allemande sur la souveraineté numérique, au premier anniversaire de l’Équipe de France du numérique.

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique
Cette année, à la Summer Party de Numeum, le ballon a laissé place à la baguette. Quelques heures avant le match des Bleus en Coupe du monde, Anne Le Hénanff est venue défendre une autre équipe. L'équipe France-Allemagne. Le 16 juin, à la Seine Musicale, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a profité du premier anniversaire de l’Équipe de France du numérique pour annoncer une initiative franco-allemande. Paris et Berlin dévoilent ce 17 juin à VivaTech une définition commune de la souveraineté numérique européenne. “Aucun État ne sera souverain seul”, a affirmé Anne Le Hénanff. Depuis des années, la souveraineté numérique fait consensus dans les discours. Beaucoup moins dans sa définition. La ministre a d’ailleurs reconnu que Français et Allemands n’en avaient pas toujours la même lecture. “Sans langage commun, il n’y a pas de stratégie commune”, a-t-elle poursuivi. Ce travail doit désormais servir de base à des initiatives plus concrètes. Paris veut entraîner Berlin. Berlin veut entraîner Paris. Ensemble, les deux capitales espèrent embarquer le reste de l’Union. Et, un an après sa création, l’Équipe de France du numérique cherche justement à dépasser le stade du symbole pour devenir un acteur du débat européen.
Paris et Berlin passent à l'exécution
La définition commune n'est qu'une première étape. Anne Le Hénanff a annoncé la création d'un forum franco-allemand de la souveraineté numérique. Sa mission sera de rapprocher les acteurs privés des décisions européennes. Le forum devra d'abord établir un catalogue des solutions numériques souveraines disponibles en Europe. Il devra ensuite construire une méthodologie commune pour mesurer les dépendances technologiques du continent. “La souveraineté passera aussi par la commande privée”, a insisté la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Le message s'adresse directement aux grands groupes, aux ETI et aux PME. La ministre a défendu une approche moins théorique que par le passé. “Où sont les emplois qualifiés ? Où sont les investissements en recherche et développement ? Où sont les compétences technologiques ?”, a-t-elle interrogé. Ces questions traduisent un changement de focale.

Dariusz Standerski, secrétaire d'État polonais au Numérique
L'Europe ne cherche plus seulement à protéger son marché. Elle cherche à capter davantage de valeur. La présence du secrétaire d'État polonais au Numérique, Dariusz Standerski, a renforcé cette démonstration. Même logique du côté du Tech7, dont les travaux ont alimenté les discussions du G7 numérique. Pour Paris, la bataille ne se gagnera ni à l'échelle nationale ni uniquement à Bruxelles. Elle se jouera aussi dans les choix industriels et les décisions d'achat des entreprises européennes.
Le dernier mouvement de Véronique Torner
Cette édition de la Summer Party marquait aussi la fin d’un cycle. Véronique Torner a annoncé son départ de la présidence de Numeum après trois années à la tête de l’organisation. Son intervention a pris la forme d’un bilan. "Si je dois retenir un fait marquant de ce mandat de trois ans, c’est le jeu collectif que nous sommes parvenus à bâtir tous ensemble”, a déclaré Véronique Torner. La dirigeante laisse derrière elle une organisation plus fédératrice et une Équipe de France du numérique qui rassemble désormais une large partie de l’écosystème. Reste encore à transformer cette mobilisation en résultats. Les défis se sont accumulés en quelques mois.

Véronique Torner a annoncé son départ de la présidence de Numeum
Les tensions géopolitiques se renforcent. Les cybermenaces gagnent en sophistication. L’intelligence artificielle continue d’accélérer la compétition mondiale. “L’intelligence artificielle générative rebat les cartes de la création de valeur, des compétences, de la productivité et de la souveraineté”, a alerté Véronique Torner. Pour y répondre, elle a fixé un cap. Compétitivité. Résilience. Responsabilité. Trois mots revenus comme un leitmotiv tout au long de la soirée. À la Seine Musicale, le décor célébrait l’harmonie. Les discours, eux, parlaient surtout de rapport de force. Un an après son lancement, l’Équipe de France du numérique n’entre plus sur le terrain. Elle cherche désormais à peser sur les règles du jeu.





