Politique / Réglementaire
Politique publique
Sommet IA, un an après : la France a accéléré… mais la promesse d’une “troisième voie” se heurte au réel
Un an après le Sommet pour l’action sur l’IA à Paris, l’État revendique une France “leader” : 2,6 milliards d’euros levés par les startups, 23 “Pionniers” financés, 26 sites data centers sécurisés et un assistant IA testé par 10 000 agents. Mais la gouvernance mondiale reste fracturée.
Commande publique
Doctrine d’achat numérique : l’État promet l’ouverture, l’écosystème voit encore la porte entrouverte
Présentée le 5 février 2026 à Paris par Anne Le Hénanff, la nouvelle doctrine d’achat numérique de l’État fixe un cadre entre solutions du marché et développement interne. Une annonce politique forte, fragilisée par la sortie simultanée de La Suite numérique et la défiance persistante des éditeurs.
services publics
Infrastructures numériques : cinq entreprises françaises sélectionnées pour l'export
Le gouvernement a dévoilé lundi les lauréats de l'appel à projets FASEP 2025 dédié aux infrastructures numériques. Cinq entreprises, majoritairement des PME, vont bénéficier d'un soutien financier pour exporter leur savoir-faire.
Politique
Anne Le Hénanff appelle l’écosystème tech à jouer collectif
Mercredi 14 janvier, Numeum a réuni son écosystème au Café de l’Homme, à Paris, pour partager ses vœux 2026. Devant plus de 200 acteurs du numérique, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff a livré une feuille de route offensive sur la souveraineté numérique, entourée de Véronique Torner et Patrick Martin.
Innovation verte
GreenTech Innovation 2026 : l’État accélère la sélection des start-up de la transition écologique
À dix jours de la clôture de l’AMI GreenTech Innovation 2026, les ministères de la Transition écologique et de l’Aménagement du territoire appellent les startups et PME à rejoindre ce programme public, conçu pour accélérer le déploiement des technologies au service de la transition écologique.
Régulation
Projet de loi DDADUE : l’Arcep prend la main sur la data, la fibre, et le cloud
Le projet de loi DDADUE, en cours d’examen parlementaire, élargit les compétences de l’Arcep sur la donnée, le cloud et les infrastructures télécoms. Dans un avis détaillé, le régulateur salue un cadre plus efficace tout en alertant sur les moyens nécessaires.
IA juridique : l’État passe à l’offensive avec France Legaltech
La Direction générale des Entreprises lance un appel à manifestation d’intérêt pour accélérer l’essor des legaltech françaises spécialisées en IA. Une première promotion d’acteurs matures est attendue pour structurer une filière encore freinée par l’adoption et la concurrence internationale.
Data centers : un guide pour accélérer
Roland Lescure et Anne Le Hénanff dévoilent un guide pour faciliter l’implantation de nouveaux data centers en France, après les annonces lors du Sommet pour l’IA il y a 10 mois. Destiné aux collectivités et investisseurs, il vise à accélérer l’accueil de ces infrastructures clés pour la souveraineté numérique, en clarifiant les démarches à suivre.
L’Europe lance la course pour une IA souveraine
Un nouvel appel à manifestation d’intérêt, adossé au PIIEC, vise à sélectionner d’ici janvier 2026 les projets capables de bâtir une IA vraiment européenne et de renforcer l’autonomie technologique du continent.
À Berlin, l’inflexion européenne pour une offensive numérique
« Let’s first build the product ! » À Berlin, mardi 18 novembre, c’est en réponse à ces mots de Karsten Wildberger, ministre fédéral allemand de la Transformation numérique, que les premiers applaudissements enthousiastes ont vraiment retenti lors du Sommet franco-allemand pour la souveraineté numérique européenne. Le ministre, qui a ouvert la journée avec le ministre français de l’Économie Roland Lescure, a joué à fond son rôle d’ancien chef d’entreprise, capable de s’adresser à l’écosystème de la tech. « Ce sont ceux qui « font » qui pourront fixer les règles demain et relever les défis, notamment ceux de l’IA », a-t-il expliqué, avant d’ajouter à l’attention de la salle : « Votre dur travail est le moteur de l’Europe ! ». Cette opération séduction s’inscrivait dans le cadre politique plus large de la présentation, le 19 novembre, du « Digital Omnibus », le projet de refonte du cadre réglementaire européen pour le numérique. Un grand ménage attendu depuis longtemps, alors que les textes s’accumulent et se chevauchent depuis des années, du RGPD au Data Act en passant par l’AI Act. « Simplification », « harmonisation », « business first »… La volonté de laisser la possibilité d’innover plus librement et de dépasser la réputation d’oppression bureaucratique du Vieux Continent a été martelée encore et encore à Berlin. Pour une véritable inflexion ?
Digital Omnibus : l'UE veut assouplir ses règles sur l'IA
La Commission européenne a révélé, le 19 novembre, les contours du « Digital Omnibus », une initiative de simplification et d’harmonisation des textes réglementaires européens encadrant les activités numériques, notamment l’exploitation des données et les usages de l’IA. Une démarche qui suscite de nombreuses divisions parmi les eurodéputés et au sein de l’écosystème.
Choose France - Édition France : le numérique sort du lot
À l’occasion de l’édition France du sommet Choose France, organisé le 17 novembre 2025 à Paris, Bercy a affiché 30,4 milliards d’euros d’investissements destinés à consolider la souveraineté économique. Derrière ces annonces réchauffées, un constat s’impose : le numérique s’affirme comme l’un des secteurs les plus dynamiques du moment, porté par une série de nouveaux projets majeurs.
La France s’allie à Matrix pour consolider son indépendance numérique
La DINUM devient le premier État à soutenir officiellement la Fondation Matrix.org, qui porte le protocole open source utilisé par Tchap. Un geste politique et technologique fort pour affirmer la souveraineté numérique française et bâtir des communs européens durables.
Anne Le Hénanff prend les rênes du numérique, entre attente et incertitude
La députée du Morbihan succède à Clara Chappaz à la tête du portefeuille de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Une nomination accueillie avec prudence par l’écosystème, qui s’interroge sur la direction que prendra désormais la politique française en matière d’IA et de souveraineté technologique.
Le numérique ne peut pas attendre l’État et son bal des aveugles
Il aurait été agréable d’écrire cet édito sur les actualités structurantes de l’écosystème numérique, car chaque semaine apporte son lot de nouveautés technologiques aux impacts potentiellement considérables pour les organisations. Malheureusement, il nous est impossible d’ignorer l’actualité politique affligeante qui a marqué les derniers jours : le bal français de l’instabilité gouvernementale a atteint un niveau de tragédie inédit. Nous avons déjà eu l’occasion d’écrire sur les conséquences pour les entreprises de ces incertitudes engendrées par l’indécision et les querelles politiciennes. Mais cette semaine a, plus que jamais, prouvé que la barre du navire France est tenue par des aveugles, chacun voulant tirer le gouvernail à soi, au détriment de l’intérêt général. Cette situation révèle un mal français plus profond : le désarroi qui s’installe lorsque les réponses ne viennent pas de l’État. De quoi inciter chacun à prendre directement son destin en main pour ne pas subir les conséquences de l’attentisme actuel sur nos transformations numériques.
Generali prépare ses wallets pour l’ère eIDAS 2
Generali a testé trois mois le wallet Kipmi de BeYs sur emprunteur, PER et prévoyance. 78 % d’acceptation et des gains de temps en agence. Dans le couloir du réglement eIDAS 2, l’assureur cale sa trajectoire sur 2027 pour accepter les wallets à l’entrée des espaces clients.
Cloud : l’Arcep veut en finir avec le verrou du changement de fournisseur
Le 2 octobre 2025, l’Arcep publie une recommandation sur l’interopérabilité et la portabilité du cloud. Elle vise à simplifier le passage d’un fournisseur à un autre et à préparer la mise en œuvre du Data Act européen.
L’euro aussi veut son indépendance tech
Avoir une posture « à courte vue » sur le business, plutôt que de penser la stratégie technologique de long terme. C’est en substance ce qu’a reproché cette semaine aux banques privées, le directeur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
La gageure d'un choc d’investissement numérique européen
L’argent est le nerf de la guerre pour assurer le futur technologique de l’Europe. En présentant le 15 septembre dernier sa nouvelle « stratégie pour renforcer les infrastructures de recherche et de technologie en Europe », la Commission européenne le reconnaît en filigrane. Ekaterina Zaharieva, la commissaire en charge des start-up, de la recherche et de l’innovation, met en avant que « si nous voulons rester un leader mondial dans le domaine de la science d’excellence et de l’innovation technologique, il est essentiel que nous disposions d’une approche européenne ambitieuse et coordonnée en matière d’infrastructures de recherche et de technologie ».
Industrie numérique tricolore : les 10 commandements de l’AFNUM
Face aux géants du numérique, l’AFNUM veut fédérer ses membres autour d’une feuille de route commune pour faire de la France et de l’Europe des championnes. Ce 9 septembre 2025, le syndicat a avancé dix propositions concernant, entre autres, les capacités de calcul de l’Hexagone, la cybersécurité ou encore le manque de talents.
Un an après, Mistral et les transformations suspendues du rapport Draghi
Qui se souvient des espoirs européens exprimés en septembre 2024 ? Avec 383 mesures recommandées, le rapport Draghi sur la reconquête de la compétitivité du Vieux Continent se voulait un électrochoc. En analysant en profondeur les racines du mal pour y apporter des réponses opérationnelles plutôt que des déclarations d’intention politiques, les près de 400 pages proposées par l’ancien chef du gouvernement italien et ex-président de la BCE avaient beaucoup fait réagir. L’impact sur l’écosystème numérique pouvait, en particulier, être décisif. Et depuis ? Rien. Ou si peu. Un an après ce « call to action » essentiel, l’Union européenne n’a mis en œuvre qu’à peine plus de 10 % des recommandations, selon un audit réalisé par le Conseil européen pour l’innovation politique. Surtout, elle s’est concentrée sur les thèmes les moins clivants et les moins transformateurs. Or, depuis un an, l’actualité n’attend pas, comme l’illustre très bien la course dans laquelle est engagé un champion européen comme Mistral AI.
Face à l’instabilité gouvernementale, quel futur pour le numérique de l’État ?
« Les ministres passent, l’administration reste ». Cet adage bien connu est tour à tour utilisé pour stigmatiser un « État profond » souvent fantasmé dans la bouche de certains ou pour saluer la stabilité des institutions malgré les aléas politiques, chez d’autres. Les principaux concernés dans la haute administration, y compris au niveau des directions des systèmes d’information des ministères régaliens par exemple, ne sont pas les derniers à l’utiliser pour souligner le temps long des projets… et parfois la résistance au changement qui va avec. Dans le contexte de la rentrée chaotique de la politique française actuelle, les regards se tournent donc aussi naturellement vers les actions de transformations numériques impulsées ces derniers mois au sein de l’État. En la matière, la direction interministérielle du numérique (Dinum) avait pour sa propre rentrée un rendez-vous de taille : le déploiement à l’échelle au sein du gouvernement de la solution souveraine de communication Tchap.
SAP étend son offre européenne de cloud souverain pour accompagner l’usage de l’IA
L’éditeur SAP met à disposition des entreprises et administrations européennes de nouvelles options pour renforcer la souveraineté numérique et la conformité réglementaire.
Désinformation et ingérences : marquer le réel pour restaurer la confiance
À la REF du MEDEF, la Villa Numeris et le MEDEF ont dévoilé leur plaidoyer « Face à la désinformation et aux ingérences : marquer le réel », présenté par David Lacombled, Virginie Fauvel et quatre experts invités.
Rentrée 2025 : l’urgence de sortir de la fatalité politique et numérique
Sauf retournement de situation dans les 10 prochains jours, la France devrait de nouveau perdre un gouvernement le 8 septembre prochain. Le « vote de confiance » appelé par le premier ministre François Bayrou, alors que son équipe ne peut s’appuyer sur aucune majorité parlementaire nette, ressemble à une énième manœuvre politique hasardeuse dans une France ingouvernable depuis la dissolution de l’Assemblée nationale à l’été 2024. Réminiscence de l’an passé, la rentrée se place ainsi sous le signe de l’instabilité et de l’incertitude, là où les entreprises n’aspirent au contraire qu’à avoir de la visibilité sur l’avenir et à de la continuité réglementaire… Deux éléments, ô combien essentiels, pour pouvoir mener leurs propres transformations business et technologiques critiques. Et ce trou d’air, qui va provoquer un vrai problème d’incarnation et de légitimité de la parole gouvernementale sur les nombreux chantiers du numérique, arrive au moment où le bras de fer entre l’Europe et les Etats-Unis se renforce. Les récentes déclarations de Donald Trump concernant les « discriminations » dont serait victime la tech américaine donnent envie de sourire au regard de sa domination dans notre économie, malheureusement, c’est un signe qui ne trompe pas : la lutte contre de telles dépendances technologiques et pour la construction d’une Europe technologique ne se fera pas paisiblement.
