ÉTUDE

Baromètre Allianz 2026 : cyber et IA, le nouveau centre de gravité des risques business

Le Baromètre des risques Allianz 2026, basé sur 3 338 experts dans 97 pays, place les incidents cyber en tête (42 %), devant l’IA (32 %) et les interruptions d’activité (29 %). Un signal fort pour les stratégies tech et business.

Publié et mis à jour le 15 janvier 20263 min de lecture
Baromètre Allianz 2026 : cyber et IA, le nouveau centre de gravité des risques business

Si un risque chasse l’autre, certains s’enracinent durablement. Les entreprises avancent sur une ligne de crête où la technologie constitue aussi bien un moteur de croissance qu’un facteur de vulnérabilité. Selon le baromètre des risques Allianz 2026, les incidents cyber arrivent en tête des préoccupations mondiales, cités par 42% des répondants, loin devant les autres risques. Mais derrière ce terme générique se cache une réalité tentaculaire : cyber crimes, interruptions de service et réseau IT, logiciels malveillants/ransomware, violation de données, exposition amendes et sanctions. Le nombre d’incidents déclarés continue de progresser comparé à 2025 (38%). Un signe que la surface d’attaque ne cesse de s’élargir, symptôme de l’accélération numérique des entreprises. Dans un contexte de dépendance accrue aux infrastructures IT et au cloud, le cyber ne se réduit plus seulement au risque technique mais devient un réel risque stratégique : paralysie de l’activité, érosion de la confiance ou encore dégradation de la valeur de l’entreprise.

L’IA, du pari technologique au risque majeur

La percée la plus spectaculaire du classement 2026 reste celle de l’intelligence artificielle. Elle bondit à la deuxième place mondiale avec 32 % des réponses, contre 10 % l’an dernier. L’IA n’est plus cantonnée à la catégorie des promesses, elle entre de plain-pied dans celle des risques. Les experts pointent des défis liés à la mise en œuvre, aux enjeux de responsabilité et de désinformation ou mésinformation. Ces chiffres reflètent l’adoption massive des IA génératives, notamment dans les processus métiers. Une intégration qui semble plus rapide que les cadres de gouvernance et de conformité. Dans plusieurs secteurs (la technologie, les services professionnels) l’IA rivalise désormais avec le cyber comme risque numéro un. Elle cristallise une inquiétude nouvelle : celle d’outils puissants, déployés à grande échelle, face à un manque de garde-fous juridiques, éthiques ou opérationnels établis.

L’hyper-dépendance numérique mise à l’épreuve 

Troisième du classement mondial, les interruptions d’activités, dont les perturbations de la chaîne logistique, concentrent 29 % des réponses en 2026. Après plusieurs années de crise successives, ces interruptions sont toujours sous tension. Son recul par rapport à 2025 ne signifie pas une disparition du risque, mais plutôt sa considération au sein des plans de continuité. En outre, la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques et les événements climatiques extrêmes ont durablement fragilisé les flux mondiaux. D’après le baromètre, ce risque reste particulièrement élevé dans les secteurs industriels et logistiques, où il s’articule étroitement avec les risques cyber. Une attaque informatique peut aujourd’hui provoquer un arrêt de production aussi brutal qu’une catastrophe naturelle. La résilience opérationnelle devient ainsi un enjeu transversal, mêlant IT, supply chain et gouvernance.

Quand le risque environnemental devient un risque IT 

Si les catastrophes naturelles (21 %) et le changement climatique (19 %) reculent légèrement dans le classement global, ils demeurent des risques structurels intriqués aux enjeux technologiques. L’exposition accrue des data centers, des réseaux télécoms et des infrastructures critiques aux événements climatiques extrêmes transforme le climat en risque IT à part entière. Les experts évoquent des risques physiques, opérationnels et financiers résultant de conditions météorologiques extrêmes, qui peuvent provoquer pannes réseau, indisponibilités de services cloud ou ruptures de continuité numérique. Dans les secteurs intensifs en technologies, l’aléa climatique agit comme un multiplicateur de risques. Une inondation ou une vague de chaleur ne perturbe pas seulement un site, mais tout un écosystème numérique interconnecté. La résilience technologique devient ainsi indissociable des stratégies d’adaptation climatique.

La technologie sous pression stratégique 

Les évolutions législatives et réglementaires, citées par 26 % des répondants, s’imposent comme un paramètre clé de la stratégie technologique des entreprises. Protection des données, exigences RSE, encadrement de l’IA ou souveraineté numérique : la régulation redessine les choix d’architecture IT et les feuilles de route d’innovation. À cela s’ajoutent les risques politiques (15 %), en hausse, qui pèsent directement sur les chaînes d’approvisionnement technologiques, l’accès aux semi-conducteurs ou l’hébergement des données. Pour les directions tech, il ne suffit plus d’innover mais de considérer chaque décision comme un possible enjeu juridique ou géopolitique. La conformité est devenue un facteur de compétitivité autant qu’une contrainte. Le Baromètre des risques Allianz 2026 dessine une réalité sans ambiguïté : la frontière entre risques technologiques, opérationnels et géopolitiques s’efface.