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Bull et Foxconn lancent la fabrication européenne des serveurs NVIDIA Vera Rubin NVL72
Bull et Foxconn fabriqueront la nouvelle plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72 en République tchèque. Elle sera assemblée à Angers pour ancrer une chaîne d'approvisionnement IA souveraine.

Annoncé le 1er juin 2026, le partenariat entre Bull et Hon Hai Technology Group (Foxconn) franchit une nouvelle étape. Les deux groupes ont dévoilé ce 17 juin la production en Europe de composants clés de la plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72, qui sera commercialisée sous la marque Bull. Le schéma industriel retenu s'appuie sur une répartition géographique précise : les systèmes seront d'abord fabriqués et testés dans les usines de Foxconn en République tchèque, avant d'être assemblés, intégrés et validés dans l'usine Bull d'Angers. Ces serveurs et data centers d'IA, conçus pour les charges de travail les plus exigeantes de l'ère agentique, cibleront les neo-cloud providers, les fournisseurs de services cloud et la nouvelle génération d'AI factories, en Europe et au-delà.
Au-delà du matériel, Bull entend fournir une couche logicielle complète, intégrant cas d'usage et expertise en data science, pour permettre aux clients de piloter le déploiement, la sécurisation et l'optimisation de ces infrastructures — une approche présentée comme "made in Europe" de bout en bout.
Une réponse aux enjeux de souveraineté numérique
Les prises de parole qui accompagnent l'annonce insistent toutes sur la dimension stratégique de l'opération. Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, évoque un partenariat qui réunit "conception des systèmes, industrialisation et exécution de la chaîne d'approvisionnement entre la France et la République tchèque". James Wu, vice-président de Foxconn, y voit une contribution aux "fondations des AI factories, de l'IA souveraine et des infrastructures de centres de données de nouvelle génération en Europe".
Du côté de NVIDIA, Serge Palaric, vice-président Alliances Global CSP & ISV EMEA, souligne que l'ancrage de la production en France et en République tchèque donnera aux entreprises et fournisseurs cloud européens un accès aux capacités de calcul les plus avancées "selon leurs propres conditions, à grande échelle et depuis l'Europe".
Deux acteurs du cloud européen ont également réagi à l'annonce. Arnaud Bertrand, CTO d'Outscale, parle d'une "avancée décisive pour la souveraineté numérique et industrielle de l'Europe". Damien Lucas, directeur général de Scaleway, y voit une alternative bienvenue pour limiter les "dépendances technologiques" et l'exposition aux "législations extraterritoriales non européennes", deux obsessions qu'il dit partager avec son entreprise.





