Ă la loupe đ #3 Le darkweb : un espace Ă surveiller de prĂšs pour les entreprises
Une chronique pour dĂ©passer les clichĂ©s sur le darkweb : des rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes dont les intĂ©rĂȘts ne peuvent ĂȘtre rangĂ©s de maniĂšre manichĂ©enne.

Au coeur du centre de commandement de la IBM X-Force Research à Cambridge qui simule des cyberattaques en situation réelle en utilisant des malwares, ransomwares et autres outils malveillants directement trouvés sur le darkweb (Crédits John Mottern / Feature Photo Service for IBM)
Des pirates informatiques encapuchonnĂ©s, des cybercriminels qui Ă©chappent au radar des autoritĂ©s, des rĂ©seaux malfaisants oĂč tous les vices sont permis⊠voici lâimage la plus courante que vous trouverez au sujet du darkweb. Mais au-delĂ des clichĂ©s se trouvent plusieurs rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes et diffĂ©rentes communautĂ©s de hackers dont les intĂ©rĂȘts ne peuvent ĂȘtre rangĂ©s de maniĂšre manichĂ©enne. Câest ce que les entreprises commencent Ă comprendre, gardant un Ćil sur le darkweb pour renforcer leur propre cybersĂ©curitĂ©.
Au coeur du centre de commandement de la IBM X-Force Research à Cambridge qui simule des cyberattaques en situation réelle en utilisant des malwares, ransomwares et autres outils malveillants directement trouvés sur le darkweb (Crédits John Mottern / Feature Photo Service for IBM)[/caption]
Il est vrai que les crimes et dĂ©lits commis par lâintermĂ©diaire du darkweb sont dans le collimateur. Le 23 septembre dernier par exemple, le FBI et Europol ont annoncĂ© avoir arrĂȘtĂ© plus de 179 dealers sur la toile sombre, opĂ©rant dans six pays Ă travers le monde. Un vaste coup de filet qui a permis de saisir 500 kilos de drogues et 6,5 millions de dollars en espĂšces et cryptomonnaies.
Le darkweb ne se rĂ©sume pas à ça et nâest pas rĂ©servĂ© exclusivement aux hackers. Câest aussi, nous allons le voir, un outil de veille crucial pour assurer une meilleure cybersĂ©curitĂ© des entreprises. Mais pour mieux comprendre cette nuance, il faut revenir aux bases et se rappeler quâInternet est formĂ© en plusieurs strates.
Tout dâabord, le web Ă la surface reprĂ©sente la partie publique dâInternet, cela correspond donc aux contenus indexĂ©s par des moteurs de recherche comme Google et Bing ou bien encore des plateformes et rĂ©seaux sociaux comme Facebook et Twitter.

Ă lâinverse, le deepweb englobe tous les rĂ©seaux privĂ©s que vous ne trouverez pas avec Google. Ce sont par exemple des forums privĂ©s ou encore des espaces prĂ©vus par des entreprises pour lâaccĂšs Ă des services en ligne.
Ă lui seul, le deepweb reprĂ©sente 90% dâInternet. Le web ne peut donc pas ĂȘtre restreint Ă lâespace visible par le grand public. Câest ce point que Rayna Stamboliyska a voulu aborder dans son ouvrage âLa face cachĂ©e dâInternetâ. Lâexperte en gestion des risques et des crises en a conclu que la sĂ©paration entre web et deepweb nâest pas trĂšs pertinente.

Rayna Stamboliyska, La face cachĂ©e d'internet : hackers, darknetâŠ, 7 juin 2017.
Rayna Stamboliyska, "La face cachĂ©e d'internet : hackers, darknetâŠ", 7 juin 2017.[/caption]
La mauvaise réputation du darkweb
Passons au darkweb, qui est une sous-catĂ©gorie plus « profonde » du darkweb. LĂ encore Rayna Stamboliyska sâemploie Ă nuancer lâimage biaisĂ©e que lâon a de lâinternet cachĂ©. Il existe bel et bien un web clandestin oĂč le cybercrime prospĂšre mais une grande partie de sites et de forums ne sâadonnent pas Ă des pratiques illicites. Il est donc plus courant dâemployer le terme « darknet » pour parler des sites malveillants prĂ©sents sur le darkweb
Pour accĂ©der aux darknets et rester invisible, le rĂ©seau parallĂšle le plus connu est Tor (abrĂ©viation de âThe Onion Routeurâ) car il permet aisĂ©ment de chiffrer ses donnĂ©es et ainsi camoufler ses Ă©changes, son identitĂ© et sa gĂ©olocalisation. Câest un outil qui facilite grandement la vie des cybercriminels mais pas que⊠De nombreux dissidents politiques, journalistes et lanceurs dâalerte Ă travers le monde ont largement recours Ă ces moyens pour Ă©chapper Ă la censure et protĂ©ger leur vie privĂ©e en ligne.
Le trafic dâarmes et de drogues, la pĂ©dopornographie, le terrorisme et tous les autres rĂ©seaux criminels connus Ă ce jour se sont bel et bien emparĂ©s du darkweb. Mais ces organisations nâont pas pour autant arrĂȘtĂ© leurs activitĂ©s dans lâinternet public. Il faut sâen rĂ©fĂ©rer aux chiffres pour mesurer lâemprise des rĂ©seaux criminels sur cette partie dâInternet.
En 2016, deux chercheurs ont souhaitĂ© analyser les sites prĂ©sents sur Tor pour mesurer Ă quel point ils sont illicites. Sur les 2723 sites actifs en â.onionâ, Daniel Moore et Thomas Rid ont constatĂ© que 15,5% dâentre eux sâadonnaient Ă la vente de drogues, 12% au blanchiment dâargent, Ă la contrefaçon de factures ou au commerce de cartes de crĂ©dit, 4,4% Ă la pornographie illlĂ©gale et 1,5% Ă la vente dâarmes.
Autre chiffre Ă©difiant : 57% des sites analysĂ©s sont illicites. Il reste donc 43% des sites masquĂ©s qui sont tout Ă fait lĂ©gaux. Une piqĂ»re de rappel qui permet de dĂ©mystifier encore une fois lâimage du darkweb dĂ©peinte dans les mĂ©dias et la culture populaire.

MĂȘme des grandes plateformes comme Facebook sont accessibles sur le Darkweb par le biais de Tor. Pour le journaliste de Wired Andy Greenberg : « Le site le moins anonyme au monde vient juste de rejoindre le rĂ©seau le plus anonyme du Web. »[/caption]
JĂ©rĂ©mie Zimmerman, porte-parole de La Quadrature du Net, sâĂ©tait dâailleurs opposĂ© en 2013 Ă lâutilisation abusive du terme darknet dans les mĂ©dias pour inspirer la peur. Selon lui, certaines entreprises comme Facebook et Google ont favorisĂ© la diffusion de ce discours pour ternir lâimage de cette partie du web qui Ă©chappe Ă leur contrĂŽle, et donc Ă leur ciblage comportemental.
En rĂ©sumĂ©, le deepweb nâest pas exclusivement dark, loin de lĂ . Il ne correspond ni plus ni moins quâaux bases de donnĂ©es et contenus non indexĂ©s par les moteurs de recherche traditionnels.
Les white hats au secours des entreprises
Sur le darkweb, il y a des mĂ©chants mais aussi des justiciers. Ces cracks du code qui combattent le crime virtuel sont appelĂ©s des âhackers Ă©thiquesâ ou bien âwhite hatsâ, en opposition aux hackers malveillants dits âblack hatsâ. Ce sont des spĂ©cialistes de la cybersĂ©curitĂ© qui testent les systĂšmes par prĂ©vention, bien avant que les black hats ne puissent en exploiter des failles. Les mĂ©thodes sont les mĂȘmes que celles utilisĂ©es par les criminels pour pĂ©nĂ©trer un systĂšme. Mais la grande diffĂ©rence est que les white hats sont autorisĂ©s Ă le faire et sont mĂȘmes parfois rĂ©compensĂ©s financiĂšrement.
En effet, les entreprises soumettent de plus en plus leurs systĂšmes Ă des bug-bounty, ces concours oĂč les hackers doivent dĂ©nicher des vulnĂ©rabilitĂ©s pour empocher une rĂ©compense. Ces derniers signalent alors les failles aux entreprises pour amĂ©liorer leur sĂ©curitĂ© et contribuent Ă un Internet plus sĂ»r pour les internautes.

Des membres de l'équipe de YesWeHack avec Guillaume Vassault-HouliÚre, CEO et cofondateur à gauche.
Des membres de l'équipe de YesWeHack avec Guillaume Vassault-HouliÚre, CEO et cofondateur à gauche.[/caption]
Une des plus grandes plateformes europĂ©ennes de bug bounty se nomme Yeswehack. Elle permet de mettre en relation son rĂ©seau de 15000 hackers avec de nombreuses entreprises comme Orange, BlaBlaCar, CNP Assurances, Qwant, Dailymotion, Tesla, BMW ou encore la rĂ©gion Ăle-de-France. Elle travaille aussi avec des petites et moyennes entreprises, moins armĂ©es pour faire face aux cyberattaques.
En 2019, la start-up marque une Ă©tape dans sa croissance en rĂ©alisant 300% dâaugmentation de son chiffre dâaffaires et en bouclant un tour de table de 4 millions d'euros. Ce succĂšs est aussi en partie dĂ» Ă l'intĂ©rĂȘt portĂ© par les services publics pour la chasse aux bugs. LâannĂ©e derniĂšre câest le ministĂšre français des ArmĂ©es qui annonçait collaborer avec Yeswehack et plus rĂ©cemment le gouvernement, pour soumettre lâapplication StopCovid Ă lâĂ©preuve.
Les organisations ont compris lâimportance de mobiliser lâexpertise des white hats et sont prĂȘts Ă y mettre la main au porte-monnaie. Cet Ă©tĂ© par exemple, Microsoft a annoncĂ© avoir accordĂ© pas moins de 13,7 millions de dollars depuis lâannĂ©e derniĂšre aux chercheurs qui ont signalĂ© des dysfonctionnements dans ses logiciels.
Une zone grise du darkweb Ă prendre en compte
Les limites entre les white et black hats sont bien plus floues que lâon ne pense. Nous sommes face Ă une zone grise oĂč les intĂ©rĂȘts des hackeurs ne sont pas clairement identifiables.
Les pirates informatiques red hats par exemple, sâattaques aux cybercriminels pour mettre fin Ă leurs activitĂ©s. Il est donc difficile de les cerner, Ă©tant donnĂ© leur recours Ă des techniques de piratage comme les virus informatiques, les attaques de type DDoS (connexions simultanĂ©es Ă un service en ligne pour le saturer) ou encore les prises de contrĂŽle d'ordinateur Ă distance.
Cette partie grisĂ©e comprend Ă©galement des groupes hacktivistes qui agissent uniquement pour une cause et des valeurs. Câest le cas du cĂ©lĂšbre collectif Anonymous qui, trois jours aprĂšs les attaques de Paris, avait annoncĂ© le lancement dâune nouvelle campagne contre lâorganisation terroriste Etat islamique.
Dâautres hackers sont prĂȘts Ă se mettre Ă dos leur propre pays pour faire Ă©clater la vĂ©ritĂ©. Il y a eu dâabord Julian Assange en 2006, qui crĂ©a sur le darkweb le mĂ©dia WikiLeaks pour publier des informations confidentielles. Il est connu pour avoir diffuser des dizaines de milliers de documents classĂ©s secrets dĂ©fense rĂ©vĂ©lant des bavures par lâarmĂ©e amĂ©ricaine sur le sol irakien et afghan ainsi que divers systĂšmes d'Ă©vasion fiscale attribuĂ©s Ă de grandes banques internationales.
Quelques années plus tard, en 2013, arrive Edward Snowden, un ex-agent de la CIA qui a relayé de nombreuses informations sur les programmes de surveillance de masse développés par la NSA (National Security Agency).
Ces hackers dĂ©fendent la bonne cause. Mais est-ce que leurs pratiques sont acceptables ? Et surtout, qui nous dit quâun jour ces hactivistes nâen viendront pas Ă mobiliser leurs compĂ©tences informatiques pour nuire ? Ou simplement se faire de lâargent sur le marchĂ© noir ? Qualifier un hacker de malveillant ou justicier demeure difficile. Pour le prouver, prenons lâexemple dâun des pirates informatiques les plus cĂ©lĂšbres du monde : Kevin Mitnick.

Kevin Mitnick animant une conférence à la Cyber Incursion de 2018 à Londres.
Kevin Mitnick animant une conférence à la Cyber Incursion de 2018 à Londres.[/caption]
SurnommĂ© âLe Condorâ, Kevin Mitnick commence Ă pirater dĂšs les annĂ©es 80 et enchaĂźne les dĂ©lits. En 1983, il est emprisonnĂ© pendant six mois pour avoir obtenu illĂ©galement tous les fichiers du dĂ©partement de la DĂ©fense amĂ©ricaine prĂ©sents sur le rĂ©seau Arpanet (ancĂȘtre dâInternet dĂ©veloppĂ© par lâarmĂ©e).
Il sâest ensuite infiltrĂ© dans plusieurs systĂšmes dâinformation de grandes entreprises mondiales comme Pacific Bell, Fujitsu, Motorola, Nokia et Sun Microsystems. Il a dâailleurs Ă©tĂ© le premier hacker Ă figurer sur la liste des dix fugitifs les plus recherchĂ©s du FBI. Il Ă©chappera au radar du FBI pendant deux ans avant dâĂȘtre condamnĂ© Ă cinq ans de prison en 1995.
Aujourdâhui libĂ©rĂ©, Mitnick a changĂ© de bord. Ce dernier en a fini avec le piratage et est devenu consultant en sĂ©curitĂ© au sein de son cabinet âMitnick Securityâ. Parmi ses clients, de grandes sociĂ©tĂ©s et surtout, le FBI.
Cet exemple illustre parfaitement la facilitĂ© avec laquelle les hackers peuvent changer de camp. Mais un hacker grey hat joue souvent sur les deux tableaux puisquâil sait que ses compĂ©tences informatiques valent de lâor. Et souvent, les activitĂ©s illĂ©gales sont celles qui payent le mieux. Difficiles pour eux de ne pas ĂȘtre tentĂ©s.
Les entreprises gardent un Ćil sur le darkweb
Les entreprises de leur cĂŽtĂ© ont Ă©galement investi ce rĂ©seau cachĂ© pour prĂ©server au mieux leur intĂ©gritĂ©. En effet, des millions de donnĂ©es dĂ©robĂ©es sont revendues chaque jour sur le darknet. Un marchĂ© noir plutĂŽt lucratif qui rappelle lâimportance pour les entreprises de renforcer leur cyberdĂ©fense et de vĂ©rifier si elles nâont pas fait lâobjet dâespionnage Ă©conomique.
Elles surveillent donc leurs propres donnĂ©es et plus gĂ©nĂ©ralement toutes celles qui concernent son pĂ©rimĂštre dâactivitĂ©. LâintĂ©rĂȘt Ă©tant de repĂ©rer les fuites Ă©ventuelles chez ses concurrents pour identifier les donnĂ©es les plus convoitĂ©es sur le marchĂ© noir.
Le marchĂ© de la cybersĂ©curitĂ© ne cesse dâailleurs de sâenvoler. Selon une Ă©tude de Precise Security, il a dĂ©passĂ© les 106 milliards de dollars en 2019 au niveau mondial, soit une hausse de 10,7 % par rapport Ă l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. En 2016, il ne pesait alors que 75,5 milliards de dollars.

Dans le rapport Hiscox 2020 sur la gestion des cyber-risques, on apprend que les secteurs les plus lourdement touchĂ©s sont lâĂ©nergie, la fabrication, les services financiers et les TMT (Technologies â Media â TĂ©lĂ©communications). 44% des entreprises de chacun de ces secteurs ont rapportĂ© au moins un incident ou une faille.
Dans le rapport Hiscox 2020 sur la gestion des cyber-risques, on apprend que les secteurs les plus lourdement touchĂ©s sont lâĂ©nergie, la fabrication, les services financiers et les TMT (Technologies â Media â TĂ©lĂ©communications). 44% des entreprises de chacun de ces secteurs ont rapportĂ© au moins un incident ou une faille.[/caption]
Les entreprises ne peuvent plus sâen sortir toutes seules face Ă lâaugmentation constante des cybermenaces. Elles sâentourent donc davantage dâexperts en cybersĂ©curitĂ© et sollicitent lâaide de boĂźtes externes spĂ©cialisĂ©es dans le domaine.
La start-up française CyberAngel par exemple, propose dâanalyser du big data pour dĂ©tecter des vulnĂ©rabilitĂ©s pour le compte dâune entreprise. Des solutions dâintelligence artificielle sont utilisĂ©es pour passer Ă la loupe les profondeurs du web et signaler la survenance dâun risque Ă©ventuel ou encore informer son client dâune fuite de donnĂ©es. Avec ces informations, le responsable de la sĂ©curitĂ© des systĂšmes d'information (RSSI) peut mieux prĂ©venir les cyber-risques et saisir les autoritĂ©s judiciaires compĂ©tentes en cas dâinfraction.

Le site haveibeenpwned permet de savoir si son adresse mail ou son mot de passe ont fuité en ligne.
Le site haveibeenpwned permet de savoir si son adresse mail ou son mot de passe ont fuité en ligne.[/caption]
Cette entreprise Ă la recherche de signaux faibles nâest pas la seule. On peut citer aussi l'israĂ©lien Sixgill et le français Aleph Networks, qui collaborent tous les deux avec la DGSE pour lâaider Ă mieux surveiller le web non indexĂ©. Car si les brigades de white hats commencent Ă se former, celles des black hats le sont depuis longtemps. Les entreprises ne peuvent plus sous-estimer la capacitĂ© dâinnovation des hackers malveillants.
Dans un article 2018, le directeur de lâoffre verticale dâAtos Yannick Rolland rappelait Ă quel point les hackers ont un train dâavance sur les technologies dĂ©veloppĂ©es par les entreprises, en l'occurrence ici dans lâindustrie automobile. En effet, des constructeurs allemands ont sondĂ© le darkweb et se sont aperçus que des communautĂ©s avaient dĂ©jĂ trouvĂ© le moyen de pirater leurs voitures autonomes avant mĂȘme quâelles ne soient officiellement mises en vente.
Inutile donc de rappeler lâimportance dâune bonne veille sur le darkweb. Car si des donnĂ©es sont dĂ©robĂ©es, il y a de fortes chances quâelles se retrouvent un jour sur le marchĂ© noir en ligne. Aucun secteur dâactivitĂ© nâest Ă lâabri face Ă cette menace, pas mĂȘme les gĂ©ants de la cybersĂ©curitĂ©, selon la derniĂšre Ă©tude dâImmuniWeb.





