À la loupe 🔎 #3 Le darkweb : un espace à surveiller de prùs pour les entreprises

Une chronique pour dĂ©passer les clichĂ©s sur le darkweb : des rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes dont les intĂ©rĂȘts ne peuvent ĂȘtre rangĂ©s de maniĂšre manichĂ©enne.

Publié et mis à jour le 23 mars 202112 min de lecture
À la loupe 🔎 #3 Le darkweb : un espace à surveiller de prùs pour les entreprises

Au coeur du centre de commandement de la IBM X-Force Research à Cambridge qui simule des cyberattaques en situation réelle en utilisant des malwares, ransomwares et autres outils malveillants directement trouvés sur le darkweb (Crédits John Mottern / Feature Photo Service for IBM)

Des pirates informatiques encapuchonnĂ©s, des cybercriminels qui Ă©chappent au radar des autoritĂ©s, des rĂ©seaux malfaisants oĂč tous les vices sont permis
 voici l’image la plus courante que vous trouverez au sujet du darkweb. Mais au-delĂ  des clichĂ©s se trouvent plusieurs rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes et diffĂ©rentes communautĂ©s de hackers dont les intĂ©rĂȘts ne peuvent ĂȘtre rangĂ©s de maniĂšre manichĂ©enne. C’est ce que les entreprises commencent Ă  comprendre, gardant un Ɠil sur le darkweb pour renforcer leur propre cybersĂ©curitĂ©.

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Au coeur du centre de commandement de la IBM X-Force Research à Cambridge qui simule des cyberattaques en situation réelle en utilisant des malwares, ransomwares et autres outils malveillants directement trouvés sur le darkweb (Crédits John Mottern / Feature Photo Service for IBM)[/caption]

Il est vrai que les crimes et dĂ©lits commis par l’intermĂ©diaire du darkweb sont dans le collimateur. Le 23 septembre dernier par exemple, le FBI et Europol ont annoncĂ© avoir arrĂȘtĂ© plus de 179 dealers sur la toile sombre, opĂ©rant dans six pays Ă  travers le monde. Un vaste coup de filet qui a permis de saisir 500 kilos de drogues et 6,5 millions de dollars en espĂšces et cryptomonnaies.

Le darkweb ne se rĂ©sume pas Ă  ça et n’est pas rĂ©servĂ© exclusivement aux hackers. C’est aussi, nous allons le voir, un outil de veille crucial pour assurer une meilleure cybersĂ©curitĂ© des entreprises. Mais pour mieux comprendre cette nuance, il faut revenir aux bases et se rappeler qu’Internet est formĂ© en plusieurs strates.

Tout d’abord, le web Ă  la surface reprĂ©sente la partie publique d’Internet, cela correspond donc aux contenus indexĂ©s par des moteurs de recherche comme Google et Bing ou bien encore des plateformes et rĂ©seaux sociaux comme Facebook et Twitter.

À l’inverse, le deepweb englobe tous les rĂ©seaux privĂ©s que vous ne trouverez pas avec Google. Ce sont par exemple des forums privĂ©s ou encore des espaces prĂ©vus par des entreprises pour l’accĂšs Ă  des services en ligne.

À lui seul, le deepweb reprĂ©sente 90% d’Internet. Le web ne peut donc pas ĂȘtre restreint Ă  l’espace visible par le grand public. C’est ce point que Rayna Stamboliyska a voulu aborder dans son ouvrage “La face cachĂ©e d’Internet”. L’experte en gestion des risques et des crises en a conclu que la sĂ©paration entre web et deepweb n’est pas trĂšs pertinente.

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Rayna Stamboliyska, La face cachée d'internet : hackers, darknet
, 7 juin 2017.

Rayna Stamboliyska, La face cachée d'internet : hackers, darknet
, 7 juin 2017.

Rayna Stamboliyska, "La face cachée d'internet : hackers, darknet
", 7 juin 2017.[/caption]

La mauvaise réputation du darkweb

Passons au darkweb, qui est une sous-catĂ©gorie plus « profonde » du darkweb. LĂ  encore Rayna Stamboliyska s’emploie Ă  nuancer l’image biaisĂ©e que l’on a de l’internet cachĂ©. Il existe bel et bien un web clandestin oĂč le cybercrime prospĂšre mais une grande partie de sites et de forums ne s’adonnent pas Ă  des pratiques illicites. Il est donc plus courant d’employer le terme « darknet » pour parler des sites malveillants prĂ©sents sur le darkweb

Pour accĂ©der aux darknets et rester invisible, le rĂ©seau parallĂšle le plus connu est Tor (abrĂ©viation de “The Onion Routeur’) car il permet aisĂ©ment de chiffrer ses donnĂ©es et ainsi camoufler ses Ă©changes, son identitĂ© et sa gĂ©olocalisation. C’est un outil qui facilite grandement la vie des cybercriminels mais pas que
 De nombreux dissidents politiques, journalistes et lanceurs d’alerte Ă  travers le monde ont largement recours Ă  ces moyens pour Ă©chapper Ă  la censure et protĂ©ger leur vie privĂ©e en ligne.

Le trafic d’armes et de drogues, la pĂ©dopornographie, le terrorisme et tous les autres rĂ©seaux criminels connus Ă  ce jour se sont bel et bien emparĂ©s du darkweb. Mais ces organisations n’ont pas pour autant arrĂȘtĂ© leurs activitĂ©s dans l’internet public. Il faut s’en rĂ©fĂ©rer aux chiffres pour mesurer l’emprise des rĂ©seaux criminels sur cette partie d’Internet.

En 2016, deux chercheurs ont souhaitĂ© analyser les sites prĂ©sents sur Tor pour mesurer Ă  quel point ils sont illicites. Sur les 2723 sites actifs en “.onion”, Daniel Moore et Thomas Rid ont constatĂ© que 15,5% d’entre eux s’adonnaient Ă  la vente de drogues, 12% au blanchiment d’argent, Ă  la contrefaçon de factures ou au commerce de cartes de crĂ©dit, 4,4% Ă  la pornographie illlĂ©gale et 1,5% Ă  la vente d’armes.

Autre chiffre Ă©difiant : 57% des sites analysĂ©s sont illicites. Il reste donc 43% des sites masquĂ©s qui sont tout Ă  fait lĂ©gaux. Une piqĂ»re de rappel qui permet de dĂ©mystifier encore une fois l’image du darkweb dĂ©peinte dans les mĂ©dias et la culture populaire.

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MĂȘme des grandes plateformes comme Facebook sont accessibles sur le Darkweb par le biais de Tor. Pour le journaliste de Wired Andy Greenberg : « Le site le moins anonyme au monde vient juste de rejoindre le rĂ©seau le plus anonyme du Web. »[/caption]

JĂ©rĂ©mie Zimmerman, porte-parole de La Quadrature du Net, s’était d’ailleurs opposĂ© en 2013 Ă  l’utilisation abusive du terme darknet dans les mĂ©dias pour inspirer la peur. Selon lui, certaines entreprises comme Facebook et Google ont favorisĂ© la diffusion de ce discours pour ternir l’image de cette partie du web qui Ă©chappe Ă  leur contrĂŽle, et donc Ă  leur ciblage comportemental.

En rĂ©sumĂ©, le deepweb n’est pas exclusivement dark, loin de lĂ . Il ne correspond ni plus ni moins qu’aux bases de donnĂ©es et contenus non indexĂ©s par les moteurs de recherche traditionnels.

Les white hats au secours des entreprises

Sur le darkweb, il y a des mĂ©chants mais aussi des justiciers. Ces cracks du code qui combattent le crime virtuel sont appelĂ©s des “hackers Ă©thiques” ou bien ‘white hats”, en opposition aux hackers malveillants dits “black hats”. Ce sont des spĂ©cialistes de la cybersĂ©curitĂ© qui testent les systĂšmes par prĂ©vention, bien avant que les black hats ne puissent en exploiter des failles. Les mĂ©thodes sont les mĂȘmes que celles utilisĂ©es par les criminels pour pĂ©nĂ©trer un systĂšme. Mais la grande diffĂ©rence est que les white hats sont autorisĂ©s Ă  le faire et sont mĂȘmes parfois rĂ©compensĂ©s financiĂšrement.

En effet, les entreprises soumettent de plus en plus leurs systĂšmes Ă  des bug-bounty, ces concours oĂč les hackers doivent dĂ©nicher des vulnĂ©rabilitĂ©s pour empocher une rĂ©compense. Ces derniers signalent alors les failles aux entreprises pour amĂ©liorer leur sĂ©curitĂ© et contribuent Ă  un Internet plus sĂ»r pour les internautes.

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Des membres de l'équipe de YesWeHack avec Guillaume Vassault-HouliÚre, CEO et cofondateur à gauche.

Des membres de l'équipe de YesWeHack avec Guillaume Vassault-HouliÚre, CEO et cofondateur à gauche.

Des membres de l'équipe de YesWeHack avec Guillaume Vassault-HouliÚre, CEO et cofondateur à gauche.[/caption]

Une des plus grandes plateformes europĂ©ennes de bug bounty se nomme Yeswehack. Elle permet de mettre en relation son rĂ©seau de 15000 hackers avec de nombreuses entreprises comme Orange, BlaBlaCar, CNP Assurances, Qwant, Dailymotion, Tesla, BMW ou encore la rĂ©gion Île-de-France. Elle travaille aussi avec des petites et moyennes entreprises, moins armĂ©es pour faire face aux cyberattaques.

En 2019, la start-up marque une Ă©tape dans sa croissance en rĂ©alisant 300% d’augmentation de son chiffre d’affaires et en bouclant un tour de table de 4 millions d'euros. Ce succĂšs est aussi en partie dĂ» Ă  l'intĂ©rĂȘt portĂ© par les services publics pour la chasse aux bugs. L’annĂ©e derniĂšre c’est le ministĂšre français des ArmĂ©es qui annonçait collaborer avec Yeswehack et plus rĂ©cemment le gouvernement, pour soumettre l’application StopCovid Ă  l’épreuve.

Les organisations ont compris l’importance de mobiliser l’expertise des white hats et sont prĂȘts Ă  y mettre la main au porte-monnaie. Cet Ă©tĂ© par exemple, Microsoft a annoncĂ© avoir accordĂ© pas moins de 13,7 millions de dollars depuis l’annĂ©e derniĂšre aux chercheurs qui ont signalĂ© des dysfonctionnements dans ses logiciels.

Une zone grise du darkweb Ă  prendre en compte

Les limites entre les white et black hats sont bien plus floues que l’on ne pense. Nous sommes face Ă  une zone grise oĂč les intĂ©rĂȘts des hackeurs ne sont pas clairement identifiables.

Les pirates informatiques red hats par exemple, s’attaques aux cybercriminels pour mettre fin Ă  leurs activitĂ©s. Il est donc difficile de les cerner, Ă©tant donnĂ© leur recours Ă  des techniques de piratage comme les virus informatiques, les attaques de type DDoS (connexions simultanĂ©es Ă  un service en ligne pour le saturer) ou encore les prises de contrĂŽle d'ordinateur Ă  distance.

Cette partie grisĂ©e comprend Ă©galement des groupes hacktivistes qui agissent uniquement pour une cause et des valeurs. C’est le cas du cĂ©lĂšbre collectif Anonymous qui, trois jours aprĂšs les attaques de Paris, avait annoncĂ© le lancement d’une nouvelle campagne contre l’organisation terroriste Etat islamique.

D’autres hackers sont prĂȘts Ă  se mettre Ă  dos leur propre pays pour faire Ă©clater la vĂ©ritĂ©. Il y a eu d’abord Julian Assange en 2006, qui crĂ©a sur le darkweb le mĂ©dia WikiLeaks pour publier des informations confidentielles. Il est connu pour avoir diffuser des dizaines de milliers de documents classĂ©s secrets dĂ©fense rĂ©vĂ©lant des bavures par l’armĂ©e amĂ©ricaine sur le sol irakien et afghan ainsi que divers systĂšmes d'Ă©vasion fiscale attribuĂ©s Ă  de grandes banques internationales.

Quelques années plus tard, en 2013, arrive Edward Snowden, un ex-agent de la CIA qui a relayé de nombreuses informations sur les programmes de surveillance de masse développés par la NSA (National Security Agency).

Ces hackers dĂ©fendent la bonne cause. Mais est-ce que leurs pratiques sont acceptables ? Et surtout, qui nous dit qu’un jour ces hactivistes n’en viendront pas Ă  mobiliser leurs compĂ©tences informatiques pour nuire ? Ou simplement se faire de l’argent sur le marchĂ© noir ? Qualifier un hacker de malveillant ou justicier demeure difficile. Pour le prouver, prenons l’exemple d’un des pirates informatiques les plus cĂ©lĂšbres du monde : Kevin Mitnick.

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Kevin Mitnick animant une conférence à la Cyber Incursion de 2018 à Londres.

Kevin Mitnick animant une conférence à la Cyber Incursion de 2018 à Londres.

Kevin Mitnick animant une conférence à la Cyber Incursion de 2018 à Londres.[/caption]

SurnommĂ© “Le Condor”, Kevin Mitnick commence Ă  pirater dĂšs les annĂ©es 80 et enchaĂźne les dĂ©lits. En 1983, il est emprisonnĂ© pendant six mois pour avoir obtenu illĂ©galement tous les fichiers du dĂ©partement de la DĂ©fense amĂ©ricaine prĂ©sents sur le rĂ©seau Arpanet (ancĂȘtre d’Internet dĂ©veloppĂ© par l’armĂ©e).

Il s’est ensuite infiltrĂ© dans plusieurs systĂšmes d’information de grandes entreprises mondiales comme Pacific Bell, Fujitsu, Motorola, Nokia et Sun Microsystems. Il a d’ailleurs Ă©tĂ© le premier hacker Ă  figurer sur la liste des dix fugitifs les plus recherchĂ©s du FBI. Il Ă©chappera au radar du FBI pendant deux ans avant d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  cinq ans de prison en 1995.

Aujourd’hui libĂ©rĂ©, Mitnick a changĂ© de bord. Ce dernier en a fini avec le piratage et est devenu consultant en sĂ©curitĂ© au sein de son cabinet “Mitnick Security”. Parmi ses clients, de grandes sociĂ©tĂ©s et surtout, le FBI.

Cet exemple illustre parfaitement la facilitĂ© avec laquelle les hackers peuvent changer de camp. Mais un hacker grey hat joue souvent sur les deux tableaux puisqu’il sait que ses compĂ©tences informatiques valent de l’or. Et souvent, les activitĂ©s illĂ©gales sont celles qui payent le mieux. Difficiles pour eux de ne pas ĂȘtre tentĂ©s.

Les entreprises gardent un Ɠil sur le darkweb

Les entreprises de leur cĂŽtĂ© ont Ă©galement investi ce rĂ©seau cachĂ© pour prĂ©server au mieux leur intĂ©gritĂ©. En effet, des millions de donnĂ©es dĂ©robĂ©es sont revendues chaque jour sur le darknet. Un marchĂ© noir plutĂŽt lucratif qui rappelle l’importance pour les entreprises de renforcer leur cyberdĂ©fense et de vĂ©rifier si elles n’ont pas fait l’objet d’espionnage Ă©conomique.

Elles surveillent donc leurs propres donnĂ©es et plus gĂ©nĂ©ralement toutes celles qui concernent son pĂ©rimĂštre d’activitĂ©. L’intĂ©rĂȘt Ă©tant de repĂ©rer les fuites Ă©ventuelles chez ses concurrents pour identifier les donnĂ©es les plus convoitĂ©es sur le marchĂ© noir.

Le marchĂ© de la cybersĂ©curitĂ© ne cesse d’ailleurs de s’envoler. Selon une Ă©tude de Precise Security, il a dĂ©passĂ© les 106 milliards de dollars en 2019 au niveau mondial, soit une hausse de 10,7 % par rapport Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. En 2016, il ne pesait alors que 75,5 milliards de dollars.

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Dans le rapport Hiscox 2020 sur la gestion des cyber-risques, on apprend que les secteurs les plus lourdement touchĂ©s sont l’énergie, la fabrication, les services financiers et les TMT (Technologies – Media – TĂ©lĂ©communications). 44% des entreprises de chacun de ces secteurs ont rapportĂ© au moins un incident ou une faille.

Dans le rapport Hiscox 2020 sur la gestion des cyber-risques, on apprend que les secteurs les plus lourdement touchĂ©s sont l’énergie, la fabrication, les services financiers et les TMT (Technologies – Media – TĂ©lĂ©communications). 44% des entreprises de chacun de ces secteurs ont rapportĂ© au moins un incident ou une faille.

Dans le rapport Hiscox 2020 sur la gestion des cyber-risques, on apprend que les secteurs les plus lourdement touchĂ©s sont l’énergie, la fabrication, les services financiers et les TMT (Technologies – Media – TĂ©lĂ©communications). 44% des entreprises de chacun de ces secteurs ont rapportĂ© au moins un incident ou une faille.[/caption]

Les entreprises ne peuvent plus s’en sortir toutes seules face Ă  l’augmentation constante des cybermenaces. Elles s’entourent donc davantage d’experts en cybersĂ©curitĂ© et sollicitent l’aide de boĂźtes externes spĂ©cialisĂ©es dans le domaine.

La start-up française CyberAngel par exemple, propose d’analyser du big data pour dĂ©tecter des vulnĂ©rabilitĂ©s pour le compte d’une entreprise. Des solutions d’intelligence artificielle sont utilisĂ©es pour passer Ă  la loupe les profondeurs du web et signaler la survenance d’un risque Ă©ventuel ou encore informer son client d’une fuite de donnĂ©es. Avec ces informations, le responsable de la sĂ©curitĂ© des systĂšmes d'information (RSSI) peut mieux prĂ©venir les cyber-risques et saisir les autoritĂ©s judiciaires compĂ©tentes en cas d’infraction.

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Le site haveibeenpwned permet de savoir si son adresse mail ou son mot de passe ont fuité en ligne.

Le site haveibeenpwned permet de savoir si son adresse mail ou son mot de passe ont fuité en ligne.

Le site haveibeenpwned permet de savoir si son adresse mail ou son mot de passe ont fuité en ligne.[/caption]

Cette entreprise Ă  la recherche de signaux faibles n’est pas la seule. On peut citer aussi l'israĂ©lien Sixgill et le français Aleph Networks, qui collaborent tous les deux avec la DGSE pour l’aider Ă  mieux surveiller le web non indexĂ©. Car si les brigades de white hats commencent Ă  se former, celles des black hats le sont depuis longtemps. Les entreprises ne peuvent plus sous-estimer la capacitĂ© d’innovation des hackers malveillants.

Dans un article 2018, le directeur de l’offre verticale d’Atos Yannick Rolland rappelait Ă  quel point les hackers ont un train d’avance sur les technologies dĂ©veloppĂ©es par les entreprises, en l'occurrence ici dans l’industrie automobile. En effet, des constructeurs allemands ont sondĂ© le darkweb et se sont aperçus que des communautĂ©s avaient dĂ©jĂ  trouvĂ© le moyen de pirater leurs voitures autonomes avant mĂȘme qu’elles ne soient officiellement mises en vente.

Inutile donc de rappeler l’importance d’une bonne veille sur le darkweb. Car si des donnĂ©es sont dĂ©robĂ©es, il y a de fortes chances qu’elles se retrouvent un jour sur le marchĂ© noir en ligne. Aucun secteur d’activitĂ© n’est Ă  l’abri face Ă  cette menace, pas mĂȘme les gĂ©ants de la cybersĂ©curitĂ©, selon la derniĂšre Ă©tude d’ImmuniWeb.

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