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Entre attractivité et souveraineté, l’exercice d’équilibriste de la France au RAISE Summit
Démonstrations spectaculaires, opérations de séduction et discours politiques... Le RAISE Summit veut imposer Paris comme une capitale mondiale de l’IA.

Formule 1, ballon de foot, maquettes de centres de données… Les offreurs du RAISE Summit ont redoublé d’ingéniosité pour attirer les milliers de visiteurs de cette troisième édition. Les stands à perte de vue rivalisent et se surpassent en générosité : peluches, casquettes, tote bags, cafés gourmets offerts à qui accepte de prêter son oreille. « Le sommet sur l’IA le plus influent au monde », pour reprendre le narratif des organisateurs, s’apparente ainsi à un marché du week-end, mais dans une version plus feutrée et raffinée.
Des intervenants rassurants
C’est dans ses intervenants que l’évènement tire son prestige. Emmanuel Macron a par exemple pris le temps de réaliser une vidéo pour saluer « l’écosystème d’innovation le plus puissant d’Europe ». La ministre de l’Intelligence Artificielle et du Numérique, Anne le Hénanff, s’est, elle, rendue sur place, au prestigieux Carrousel du Louvre. La scène principale étant occupée par un cadre de Nvidia, son discours rapide s’est tenu dans une bien plus petite salle où le public débordait largement. Elle y a, comme à son habitude, vanté les mérites de la France et sa capacité à attirer les investissements. Au public majoritairement international, elle a tenu à adresser un message particulier, celui de ne pas craindre les velléités françaises de souveraineté.
« La souveraineté numérique ne rime pas avec nationalisme ou protectionnisme. Nous sommes tout à fait ouverts aux entreprises étrangères, à condition qu’elles créent de la valeur en Europe et respectent nos règles », a insisté la ministre. Reste à savoir si ces précautions étaient réellement nécessaires. Au RAISE Summit, les offreurs interrogés ne se disent pas inquiets, au contraire. « Nous n’avons ni constaté de hausse, ni de baisse de business due à ce sujet », assure un représentant de l’entreprise israélienne Bright Data. D’autres y voient même une opportunité, comme l’organisation californienne Netris. Du côté des hébergeurs, le sujet se corse davantage. « C’est vrai que certaines entreprises européennes coupent court à la discussion lorsqu’elles apprennent que nous sommes américains », admet une représentante de Vultr, avant d’ajouter : “Pourtant, nous proposons des solutions souveraines. Nous pouvons les rassurer.”





