French tech

Le Next40 fait de la souveraineté technologique son nouveau filtre 

La sélection du Next40 dévoilé ce lundi 15 juin, privilégie pour la première fois l'excellence technologique et l'impact stratégique. L'IA, le quantique et l'industrie montent en puissance.

Publié et mis à jour le 15 juin 20263 min de lecture
Le Next40 fait de la souveraineté technologique son nouveau filtre 

L'État ne cherche plus seulement des champions de la croissance. Il veut des technologies à défendre. Lancé en 2019, le programme French Tech Next40/120 vise à identifier et accompagner les start-up et scale-up françaises les plus performantes dans leur changement d'échelle. La promotion 2026 marque un tournant. Pour la première fois, la sélection du Next40 intègre pleinement des critères liés à l'excellence technologique et à la contribution aux enjeux de souveraineté industrielle, énergétique et numérique. “La France s'est imposée comme une puissance technologique de premier rang”, a estimé Emmanuel Macron, président de la République. Un comité réunissant notamment Bpifrance, Euronext, Capgemini, France Digitale et France Deeptech a ainsi été chargé d'identifier les entreprises les plus stratégiques parmi les 120 lauréats. "Cette année, elle révèle une transformation profonde. 38 % des lauréats du Next40 sont issus de la deeptech”, a affirmé Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech. Les 120 entreprises retenues cumulent 11,3 milliards d'euros de revenus et réalisent 38 % de leur chiffre d'affaires à l'international, mais le signal envoyé est ailleurs. L'intelligence artificielle, le calcul quantique, la robotique ou les technologies énergétiques deviennent les nouveaux marqueurs de l'excellence française. Ce repositionnement s'inscrit dans un contexte européen de réduction des dépendances technologiques vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.

Des technologies jugées stratégiques 

Cette nouvelle grille de lecture apparaît dans la liste même des lauréats. Mistral AI, H Company et AMI Labs incarnent les ambitions françaises dans l'intelligence artificielle. Alice & Bob, Pasqal et Quobly portent celles du calcul quantique. Verkor, Jimmy ou GravitHy illustrent les enjeux énergétiques tandis que Wandercraft et Exotec symbolisent le retour de la robotique industrielle. Au total, 37 entreprises de la promotion ont bénéficié du plan France 2030, signe d'un alignement croissant entre politique industrielle et politique d'innovation. “Cette nouvelle promotion du Next40/120 démontre que la France dispose aujourd'hui de champions de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et du calcul quantique capables de s'imposer face aux grandes plateformes mondiales”, a estimé Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. Derrière ce choix se dessine une ambition plus large. La French Tech n'est plus seulement présentée comme un moteur de croissance ou de création de services numériques. Elle devient un outil de souveraineté destiné à renforcer les capacités technologiques européennes dans des domaines considérés comme critiques. 

L'innovation sommée de produire 

Cette logique de souveraineté s'accompagne d'un autre changement de récit. Le gouvernement insiste largement sur la dimension industrielle des lauréats. Vingt-cinq entreprises disposent de sites de production en France, représentant 33 implantations dans dix régions. Batteries à Dunkerque pour Verkor, processeurs quantiques à Aubervilliers pour Alice & Bob, exosquelettes à Paris pour Wandercraft, lanceurs spatiaux à Reims pour Latitude ou biomatériaux dans le Nord pour Tissium. “11,3 milliards d'euros de revenus cumulés, 33 500 emplois en France, 33 sites industriels dans dix régions. Cette promotion raconte une réindustrialisation avec des entreprises jeunes et technologique”, a déclaré Roland Lescure, ministre de l'Économie. Il ne s'agit plus uniquement de faire émerger des innovations de rupture mais de transformer ces avancées scientifiques en capacités de production et en emplois sur le territoire. Un défi particulièrement sensible dans des secteurs comme les batteries, le quantique ou les semi-conducteurs, où la concurrence internationale se joue autant dans les laboratoires que dans les usines. 

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