Interview – Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique, « Améliorer notre attractivité »

Voilà un président de Syntec Numérique heureux ! Après deux ans de morosité, l’économie du secteur va mieux. Et puis, réélu pour un second mandat, Guy Mamou-Mani se réjouit que le gouvernement affiche une vision moderne de l’économie et de la croissance.

Publié et mis à jour le 7 octobre 20134 min de lecture
Interview – Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique, « Améliorer notre attractivité »

Guy Mamou-Mani : Le numérique est au coeur de l’évolution de toute la société

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« Le numérique est au cœur de l’évolution de toute la société »
Guy Mamou-Mani*, président de Syntec Numérique et du Groupe Open.[/caption]

Voilà un président de Syntec Numérique heureux ! Après deux ans de morosité, l’économie du secteur va mieux. Et puis, réélu pour un second mandat, Guy Mamou-Mani se réjouit que le gouvernement affiche une vision moderne de l’économie et de la croissance.

Alliancy, le mag. Alors, ce plan gouvernemental ?
Guy Mamou-Mani. Je bois du petit-lait. Je préfère que le discours de François Hollande soit centré sur les objets intelligents plutôt que sur Petroplus ou ArcelorMittal Florange ! Depuis longtemps, nous disons qu’il faut avoir une autre vision de l’industrie. La voilà ! Le gouvernement a compris que porter l’industrie du futur, cela n’a rien à voir avec le TGV, Airbus ou Ariane. Pour lancer Facebook, il n’y a pas eu besoin d’un « Etat stratège ». Le numérique part du bas. Mais chacun peut attendre de l’Etat qu’il assure un environnement favorable : législatif, fiscal, réglementaire… et stable !

Et une formation de qualité ?
C’est l’un de nos combats. Or c’est un point fort de la France avec nos écoles d’ingénieurs, nos écoles de mathématiques, les universités et, maintenant, la formation en alternance. Ce n’est pas pour rien que les Américains viennent chasser nos ingénieurs, comme Google à l’Epita. Il faut aussi développer l’apprentissage. Avec les pouvoirs publics, nous allons créer un CFA du numérique sur l’ensemble des quinze nouveaux métiers. On pousse l’enseignement de l’économie informatique et science du numérique (ISN) en terminale S. Il doit y avoir plus de jeunes qui s’orientent vers ces professions. Nous devons améliorer notre attractivité. L’exemple vient d’en haut : en Allemagne, la chancelière va à l’assemblée générale du Bitcoin Forum quand, en France, le président de la République passe six heures au Salon de l’agriculture.

Pourtant l’image du numérique n’est pas mauvaise…
Oui et non. Le numérique a une image encore trop technique, alors que le secteur a changé. C’estpourquoi au Syntec Numérique nos entreprises ne sont plus des SSII mais des entreprises de services du numérique (ESN), la chaîne numérique. Nous avons 400 nouveaux adhérents [sur 1 200, ndlr]. Ce mois-ci, nous en avons inscrit 21, dont 13 éditeurs de logiciels. Le numérique n’est pas seulement une industrie en soi, il innerve toute l’économie. Nous devons donc, en tant qu’industrie, nous montrer plus attractif et faire valoir notre évolution.

D’où l’effort mené en direction des femmes ?
Il faut plus de femmes et qu’elles soient mieux traitées. A l’Epita, 5 % de femmes, 28 % dans la profession (25 % il y a trois ans). La commission « Femmes du Numérique » animée par Viviane Chaine-Ribeiro et Véronique Di Benedetto a fait progresser les choses. Il faut un suivi des inégalités. Chez Open, il y en a davantage, mais ça demande une vraie vigilance. C’est sournois.

Quelles sont vos trois priorités pour ce deuxième mandat ?
L’emploi, l’emploi et l’emploi. Il y a un problème de ressources de compétences. 38 000 chômeurs dans l’informatique d’un côté et, de l’autre, 30 000 à 40 000 offres d’emploi par an dans les logiciels et services. Chez Open, en 2013, nous sommes en retard de 100 personnes sur nos recrutements [600 au total, ndlr], ce qui nous pénalise sur certains comptes. Il y a 12 % de chômage en France, mais seulement 7 % dans le secteur informatique et 4 % quand on arrive au niveau Bac+5. La moitié des chômeurs sont Bac+2. Nous devons être en priorité sur les jeunes décrocheurs. Nous avons d’autres chantiers comme l’international. Et, bien sûr, la cybersécurité qui est à la fois un gisement de nouveaux marchés et un grand enjeu sociétal. Le numérique est au coeur de l’évolution de toute la société.

* Président de Syntec Numérique depuis 2010, Guy Mamou-Mani est également coprésident du groupe Open, avec Frédéric Sebag. Avec près de 3 500 collaborateurs, cette ESN (242,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012) se positionne comme un acteur de la transformation et de la performance des directions informatiques des grandes entreprises (cloud, big data et, surtout, mobilité).

Cet article est extrait du n°5 d’Alliancy, le magDécouvrir l’intégralité du magazine

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