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La souveraineté numérique ne peut plus être dissociée du numérique responsable
Renforcer sa résilience technologique tout en réduisant son empreinte environnementale devient un impératif pour les organisations. Plusieurs experts appellent à une approche pragmatique, fondée sur les risques les plus critiques.

Les organisations sont désormais confrontées à une double exigence : renforcer leur résilience technologique tout en réduisant leur impact environnemental. Une convergence devenue incontournable, selon plusieurs experts réunis lors du Salon de la Souveraineté Numérique à Paris, à l’Espace Champerret, autour d’une table ronde consacrée au passage de l’intention à l’action en matière de numérique responsable. « La souveraineté, c'est pratiquement un critère de survie pour nos démarches responsables », a affirmé Richard Bury. Le dirigeant de l'INR a notamment cité la prolongation du support de Windows 10 comme illustration de la dépendance des organisations aux décisions des grands éditeurs, estimant qu'une stratégie de réduction de l'empreinte environnementale peut être remise en cause par « un tiers » imposant ses choix technologiques.
Cartographier les dépendances avant de définir une feuille de route
Pour les intervenants, la première étape consiste à identifier les risques et les dépendances critiques avant d'engager des transformations. Olivier Joviado, directeur des domaines data, production et intégration à l’Agence du Numérique en Santé (ANS) a rappelé que « la souveraineté n'est vraiment pas un repli sur soi », mais « reprendre le contrôle de ses décisions » concernant les infrastructures, les données et les applications. Il a également souligné que le numérique responsable contribue à renforcer la cybersécurité en réduisant la surface d'attaque des systèmes d'information grâce à leur rationalisation. De son côté, Mariam Warsama, directrice de la performance durable et de l’engagement sociétal de Docaposte, a présenté l'Indice de Résilience Numérique (IRN), développé avec plusieurs partenaires, comme « une boussole stratégique à 360° » permettant aux directions générales d'identifier leurs dépendances et de prioriser leurs investissements. Christophe Pham, président d’Infogreen Factory, a complété cette approche en plaidant pour une analyse de la « substituabilité » des services numériques : « Quand un service numérique tombe, est-ce qu'il y a des humains, une organisation qui peut prendre le relais ? », a-t-il interrogé, estimant que cette dimension reste insuffisamment prise en compte dans les plans de continuité.
Le numérique responsable doit sortir des DSI
Au-delà des outils, les intervenants ont insisté sur la nécessité de faire de ces enjeux un sujet stratégique porté par les directions générales. « Il faut sortir le numérique des DSI », a estimé Olivier Joviado, rappelant que les décisions en matière d'achats, de gouvernance ou d'investissement influencent directement la résilience des organisations. Mariam Warsama a également appelé à intégrer les critères de numérique responsable dans les décisions structurantes afin d'orienter l'ensemble de l'écosystème. Richard Bury a enfin plaidé pour une approche pragmatique de la souveraineté, fondée sur les risques les plus critiques de chaque organisation plutôt que sur une recherche d'autonomie absolue. « Être souverain sur tous les sujets, c'est mission impossible », a-t-il résumé, avant de conclure sur la complémentarité des deux démarches : « Le numérique responsable et la souveraineté sont symbiotiques. Sans souveraineté, on ne pourra jamais être à l'échelle dans nos démarches de numérique responsable. »





