contrat de filière

L'État et la filière numérique renouvellent leur feuille de route jusqu'en 2030 

L'État et les cinq fédérations des infrastructures numériques ont signé, le 7 juillet, un troisième contrat de filière courant jusqu'en 2030, élargi aux centres de données. 

Publié et mis à jour le 9 juillet 20262 min de lecture
L'État et la filière numérique renouvellent leur feuille de route jusqu'en 2030
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Réseaux, câbles, antennes et centres de données rejoignent désormais un même contrat industriel. L'État et la filière des infrastructures numériques ont signé, le 7 juillet 2026, le troisième contrat du Comité stratégique de filière, baptisé “Horizon 2030”. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique, ont paraphé le texte avec Nicolas Guérin, président du comité, aux côtés des organisations syndicales CFDT et Force Ouvrière. L'ambition affichée est de faire des infrastructures numériques un atout stratégique pour la France à l'horizon 2030. Le pari n'est pas neuf. Depuis 2019, deux contrats se sont déjà succédé sans qu'un troisième round ne suffise, à lui seul, à garantir des résultats industriels tangibles sur le terrain. La filière attend désormais des preuves, plus que des promesses. 

Les datacenters entrent enfin dans le club 

La principale nouveauté tient à la gouvernance. Le comité intègre désormais France Datacenter, aux côtés de l'AFNUM, d'InfraNum, de la Fédération Française des Télécoms et du Sycabel. Le périmètre du CSF couvre ainsi l'ensemble de la chaîne de valeur industrielle, des réseaux fixes et mobiles jusqu'aux câbles, en passant par les équipements et les centres de données. Ce n'est pas un simple détail administratif. L'irruption de l'intelligence artificielle a bouleversé la place des datacenters dans l'économie numérique et le comité en tire enfin les conséquences institutionnelles. Reste que l'élargissement d'un périmètre ne garantit pas, à lui seul, une capacité d'action renforcée. Les cinq fédérations défendent des intérêts parfois divergents, entre opérateurs télécoms historiques, câbliers et acteurs émergents du cloud et des données, dont les priorités économiques ne convergent pas toujours. 

Six priorités, une équation environnementale à résoudre 

Le contrat s'articule autour de six priorités, de l'innovation technologique à l'emploi, en passant par la résilience, l'environnement, les territoires et l'international. Sur le plan technologique, il s'agit d'accompagner les ruptures à venir, de la 5G avancée à la 6G, en intégrant la convergence entre réseaux, cloud et intelligence artificielle. Sur le terrain de la souveraineté, l'accent est mis sur la maîtrise industrielle des infrastructures critiques face aux risques cyber, climatiques et géopolitiques. La dimension environnementale n'est pas absente, avec des objectifs d'écoconception et de sobriété énergétique. Mais la conciliation entre ces deux derniers points s'annonce délicate. L'essor de l'intelligence artificielle, gourmande en calcul et en électricité, pousse justement à la multiplication des centres de données, dont l'empreinte écologique reste un sujet de friction croissant.