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Le gouvernement relance Tibi avec 13 milliards d’euros 

IA, quantique, biotechnologies : la troisième phase de l’initiative Tibi mobilise 13 milliards d’euros pour financer la deeptech européenne 

Publié et mis à jour le 22 juin 20262 min de lecture
Le gouvernement relance Tibi avec 13 milliards d’euros 
Aude Brès / Alliancy

L’Europe sait faire naître des startups. Beaucoup moins les faire grandir. Pour tenter de combler ce déficit de financement, le gouvernement a lancé, à l’occasion de VivaTech, la troisième phase de l’initiative Tibi. Lancé en 2020, ce dispositif oriente une partie de l’épargne des Français - notamment celle placée en assurance-vie et en plans d’épargne retraite - vers les entreprises technologiques à fort potentiel. L’investissement transite ensuite par des fonds de capital-risque et de capital-croissance sélectionnés. Ce 19 juin 2026, treize milliards d’euros ont été engagés, avec un objectif de 15 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Au total, près de 31 milliards d’euros auront ainsi été mobilisés depuis 2020 pour financer les entreprises technologiques européennes, faisant de Paris la première place de financement technologique de l’Union européenne. 

L'Europe face à son déficit de financement  

Derrière cette nouvelle enveloppe se trouve un enjeu plus large que la question du soutien aux startups. Celui de la souveraineté économique et technologique. Comment permettre aux entreprises européennes de rester européennes lorsqu’elles atteignent une taille critique ? Car, si le continent dispose d’un vivier reconnu d’entrepreneurs et de chercheurs, il peine encore à financer ses champions lorsqu’ils entrent dans leur phase d’accélération. Le constat a été rappelé dans le rapport Draghi publié à l’automne 2024 : l’Europe ne capte que 5 % des capitaux-risque levés dans le monde, contre 52 % pour les États-Unis et 40 % pour la Chine. 

Faute de fonds suffisamment puissants, les entreprises européennes se tournent régulièrement vers des investisseurs extra-européens pour financer leur croissance. Un choix souvent nécessaire, mais qui peut conduire à un transfert progressif du contrôle de technologies stratégiques hors du continent. 

Mobiliser l’épargne des Français vers la deeptech 

Avec cette troisième phase, l’initiative Tibi change de braquet. Désormais, la moitié des montants investis devra être dirigée vers la deeptech, contre 35 % jusqu’ici. En ligne de mire : les technologies jugées décisives pour la compétitivité européenne, de l’intelligence artificielle au quantique, en passant par les biotechnologies, le spatial et les infrastructures numériques. Autant de secteurs stratégiques, mais gourmands en capitaux, dont les cycles de développement s’inscrivent sur le temps long. 

« Cette nouvelle phase, d’une ampleur inédite et dans un moment crucial, témoigne de la confiance des investisseurs institutionnels et de notre capacité collective à orienter massivement l’épargne vers l’innovation et les technologies de rupture, au service de notre souveraineté économique et industrielle », souligne le ministre de l’Économie, Roland Lescure. 

Pour l’exécutif, le défi n’est plus seulement français. Il est désormais européen. La nouvelle phase de l’initiative a vocation à être menée en coordination avec plusieurs partenaires du continent, notamment l’Allemagne. « Nous devons changer de dimension et unir nos forces », résume le ministre. Après avoir cherché à structurer un marché français du financement de l’innovation, l’initiative Tibi entend désormais contribuer à la création d'une véritable puissance européenne du capital technologique.