Baromètre

Emploi start-up : de la croissance, mais la GreenTech en retrait

Publié par Numeum avec les données Motherbase, le baromètre 2025 recense +6,1 % d’emplois dans les startups (25 488 postes). La GreenTech perd toutefois son leadership au profit des services IT et de l’IA. 

Publié et mis à jour le 24 février 20263 min de lecture
Emploi start-up : de la croissance, mais la GreenTech en retrait

La transition écologique n’est plus la locomotive de l’emploi startup. Selon le baromètre 2025 de l’emploi dans les startups françaises, publié par Numeum à partir des données Motherbase (janvier–décembre 2025), la GreenTech cède sa première place. Sur 25 488 créations nettes de postes (+6,1 % sur un an), les services IT reprennent le leadership avec 6 916 emplois créés (+5,6 %), devant la fintech (3 665 ; +9,7 %). La GreenTech tombe à la troisième position avec 3 099 emplois (+6,4 %). L’écosystème dans son ensemble reste orienté à la hausse, à un niveau proche de 2024 (+5,8 %), mais la hiérarchie sectorielle se transforme nettement. Ce déclassement marque la fin d’un cycle où les technologies climatiques structuraient la dynamique visible de la French Tech. 

Une normalisation plus qu’un effondrement 

Ce recul relatif traduit moins une chute brutale qu’un changement de tempo. Avec 3 099 postes supplémentaires, la GreenTech demeure un acteur significatif de l’emploi, mais elle ne surperforme plus. La décarbonation totalise 2 198 créations (+5,8 %), tandis que les batteries progressent de +12,4 % et les technologies solaires de +11,7 %. La dynamique apparaît plus segmentée et moins hégémonique qu’auparavant. Dans un contexte de contraction des levées de fonds et de recherche accrue de rentabilité, les secteurs aux cycles industriels longs et aux besoins capitalistiques élevés subissent davantage la pression. La GreenTech, structurellement liée à des infrastructures et à des investissements lourds, avance désormais dans un environnement financier plus sélectif. 

L’IA capte l’essentiel de la dynamique 

À l’inverse, l’intelligence artificielle concentre l’attention et les recrutements. L’IA au sens large génère 5 406 emplois en 2025 (+10,7 %). L’IA générative enregistre la plus forte progression du classement technologique, avec +29,6 % et 2 190 emplois créés. Data analytics (+6,5 %), blockchain (+13,5 %) ou NLP (+11,1 %) confirment ce basculement vers des solutions logicielles rapidement déployables. L’emploi suit ici une logique d’efficacité : priorité aux gains de productivité et aux technologies immédiatement intégrables dans les organisations. Face à cette accélération, la GreenTech apparaît plus structurelle et moins spéculative, mais aussi moins expansive en matière de recrutements à court terme. 

Une croissance globale sous tension 

Ce repositionnement sectoriel s’inscrit dans une trajectoire de ralentissement sur cinq ans. La croissance de l’emploi dans les startups est passée de +13,3 % en 2021 à +9,1 % en 2023, puis +5,8 % en 2024 et +6,1 % en 2025. L’année écoulée a été contrastée, avec un recul mensuel en septembre (-0,5 %) et en octobre (-0,2 %), avant un rebond en fin d’exercice. Cette volatilité traduit une gestion plus prudente des effectifs. Les startups recrutent toujours, mais de manière plus ciblée, en privilégiant les compétences directement liées à la performance opérationnelle. Dans ce cadre, les secteurs les plus agiles prennent mécaniquement l’avantage. 

Une centralisation accrue autour de l’Île-de-France 

La recomposition sectorielle s’accompagne d’une concentration géographique renforcée. L’Île-de-France capte 65 % des créations nettes d’emplois en 2025, soit environ 16 500 postes, contre 56 % en 2024. Les autres régions affichent des évolutions plus modestes et hétérogènes. Cette polarisation favorise les territoires où se concentrent capitaux, talents et sièges sociaux. Or, une part significative de la GreenTech est historiquement implantée hors du cœur francilien, notamment dans des bassins industriels. La perte de leadership sectoriel s’inscrit ainsi dans une double recomposition, technologique et territoriale. La French Tech crée toujours de l’emploi, mais ses moteurs ont changé. 

 

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