Lunettes intelligentes : de l’IoT plein la vue

L’essor de l’Internet des Objets (IoT) gagne le secteur de l’optique avec l’apparition de lunettes intelligentes. Le groupe Atol a lancé sur le marché une offre de services dédiée au maintien à domicile.

Publié et mis à jour le 4 avril 20183 min de lecture
Lunettes intelligentes : de l’IoT plein la vue

Tikaway veut faire de ses lunettes un "Skype mains libres" pensé pour le secteur de l'industrie. ©DR

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Michael Kodochian, directeur de l’Innovation et des Projets Stratégiques d'Atol, finalise les lunettes pour l'autonomie des personnes âgées afin de les commercialiser en septembre. ©DR

Michael Kodochian, directeur de l’Innovation et des Projets Stratégiques d'Atol, finalise les lunettes pour l'autonomie des personnes âgées afin de les commercialiser en septembre. ©DR

Michael Kodochian, directeur de l’Innovation et des Projets Stratégiques d'Atol, finalise les lunettes pour l'autonomie des personnes âgées afin de les commercialiser en septembre. ©DR[/caption]

Les paires de lunette deviennent de plus en plus connectées, avec les lunettes de réalité augmentée dans la maintenance industrielle, de vidéoconférence ou celles qui projettent les notifications de smartphone sur les verres. La ville de Zhengzhou, en Chine, a même annoncé son intention d’équiper sa police de lunettes à reconnaissance faciale. L’IoT appliquée à l’optique est généralement utilisé dans deux domaines : pour rendre les lunettes intelligentes ou pour fournir des services autour de l’objet.

Le groupe Atol a choisi de se positionner dans la seconde catégorie, en tant que professionnel de santé, pour favoriser le maintien à domicile à travers son offre Senior Care. Élaboré en partenariat avec la start-up Adveez, Intervox, marque du groupe Legrand, et Mondial Assistance, ce service disponible à partir de septembre prochain vise à détecter toute chute du porteur et à alerter une plateforme de télé-assistance. « Les chutes des personnes âgées représentent la première cause d'accidents chez les plus de 65 ans et sont à l’origine de près de 12 000 décès par an, fait savoir Michael Kodochian, directeur de l’Innovation et des Projets Stratégiques du Groupe. Atol se devait d’apporter une réponse innovante à ces besoins sachant que 70% des chutes sont dues à une mauvaise vision. »

Les lunettes du programme Senior Care, au design épuré dessiné par Alain Miklitarian, gardent un aspect comparable aux autres lunettes. « Les personnes âgées rechignent à porter un objet stigmatisant », affirme Michael Kodochian. Pour éviter l’émission d’onde, les fabricants ont choisi un fonctionnement par radiofréquences en cas de chute, détectée notamment par un accéléromètre. « La détection est plus fiable que par bracelet car elle bouge moins, ce qui réduit les risques de fausse alerte », précise Michael Kodochian.

Les lunettes intelligentes pour analyser les métriques du corps

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Tikaway veut faire de ses lunettes un "Skype mains libres" pensé pour le secteur de l'industrie. ©DR[/caption]

Atol mise sur l’utilisation de l’objet pour apporter un service pertinent. « Lorsque l’on tombe, on n’a pas toujours son téléphone à proximité, les lunettes, on les a en permanence », souligne Michael Kodochian avant d’ajouter : « Les clients attendent que ce soit leurs objets du quotidien qui soient connectés. La technologie peut faire beaucoup de choses mais il est nécessaire que l'objet en question soit utilisé. »

La chaîne coopérative d’opticiens projette désormais d’apporter un service dans deux autres secteurs, dont l’un auprès des jeunes avec une offre Junior Care à venir. Pour Michael Kodochian, l’étape suivante est l’analyse de données par machine-learning. « On pourrait imaginer une lunette qui analyse notre façon de marcher pour nous avertir si nous avons un risque de boiter », projette-t-il, tout en gardant à l’esprit la nécessité de sécuriser au maximum les données issues de l’IoT.

Atol n’est pas le seul à développer de nouveaux services dans l’optique à partir de l’IoT. La start-up niçoise Ellcie Healthy a mis au point des lunettes prévenant l’endormissement de leur porteur, commercialisée ce mois d’avril. Grâce à un système de machine-learning, ce produit établit le comportement « normal » propre à chaque individu et est capable de détecter les anomalies en avance de phase. Un usage voué à la conduite pour réduire le nombre d’accidents sur les routes.

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